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Interview de monsieur Ralph Lauren !

Mark Reinwald est l’heureux homme qui a le privilège de manager le garage de monsieur Ralph Lauren aux États-Unis… Un dur métier ! Présent lors de cette matinée de shooting, nous n’avons pu malheureusement l’interviewer.

Mark Reinwald© Photo : Jacques Gavard

En guise de consolation voici les propos recueillis par Rodolphe Rapetti, commissaire de l’exposition, auprès de Ralph Lauren. Interview sortie du catalogue « L’Art de l’Automobile. Chefs-d’œuvre de la collection Ralph Lauren », éditions Les Arts Décoratifs, Paris, 2011. Rien de mieux que le propriétaire pour nous parler de ces jouets !

© Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : on dit habituellement que la passion du collectionneur trouve son origine dans l’enfance. Quel est votre plus ancien souvenir lié à l’automobile ?

Ralph Lauren : mon canapé ! Je me souviens que, vers l’âge de 4 ans, je m’asseyais sur le rebord du canapé du salon comme s’il s’agissait d’une voiture. J’avais dans les mains quelque chose qui me servait de volant, et mon canapé m’emmenait où je voulais. Un autre souvenir lointain : un dimanche matin, en regardant par la fenêtre de notre maison dans le Bronx, j’ai aperçu une merveille de petit camion de pompier rouge à pédales. Il appartenait à des amis, des frères jumeaux qui vivaient en face. Ils s’installaient à l’intérieur et je me disais : « Oh ! j’adore ce camion. » Depuis lors, je rêvais d’avoir un modèle réduit de ce genre, mais n’en ai jamais eu. Nous n’en avions pas les moyens, c’est donc resté un rêve. Plus tard, lorsqu’à mon tour j’ai eu des enfants, je leur ai offert des voitures. Je me souviens, par exemple, de leur en avoir rapporté une d’Italie – une voiture Mickey en plastique bicolore. J’ai toujours aimé les volants et les automobiles, et je pense avoir transmis ce virus à mes enfants dès leur plus jeune âge.

Rodolphe Rapetti : pouvez-vous parler de votre première voiture ?

Ralph Lauren : la première que j’ai possédée était une Morgan 4-4 modèle 1961 blanc cassé, avec des sièges en cuir rouge. Je devais avoir 23 ans. C’était la plus belle voiture que j’avais jamais vue. Avec une sangle sur la capote, sa conception générale était tout à fait dans l’esprit des années 1930, ce qui lui donnait un aspect très viril, utilitaire, comme une Jeep très séduisante. Elle avait un moteur Ford. Je l’ai achetée d’occasion chez un concessionnaire de New York, elle devait avoir environ cinq ans. Je me souviens que c’était en novembre et que j’ai traversé la ville capote baissée pour rentrer chez moi. Les vrais propriétaires de Morgan ne conduisent pas la capote relevée ! En roulant sur la West Side Highway, je me suis dit : « C’est fabuleux ! » C’était comme dans un rêve. J’ai fait la cour à ma femme Ricky au volant de cette voiture. Elle nous a servi pour l’une de nos premières sorties en amoureux. C’est un souvenir qui m’a marqué. J’ai dû la vendre après notre mariage. Il a fallu que je choisisse entre ma voiture et ma femme, parce que nous voulions un appartement et que je ne pouvais pas acheter un garage dans Manhattan. En outre, en cas de problème mécanique je n’aurais pas pu la faire réparer. Je l’ai donc vendue à un ami qui habitait dans le Massachusetts. Je me souviens de mon dernier voyage à son bord dans ces paysages magnifiques et de l’instant précis où je la lui ai laissée – retourner en bus à New York m’a pris trois heures. Je pense que j’ai abandonné cette Morgan un peu trop tôt. Je n’étais pas prêt. C’est pourquoi la première voiture que j’ai achetée ensuite, lorsque j’ai pu me la payer, était à nouveau une Morgan, un modèle 1966 à quatre places. Quand j’ai commencé à dessiner des cravates, à une époque où la plupart des commerciaux portaient un chapeau et un costume noirs, je la conduisais dans les environs de New York avec les cravates entassées à l’arrière, rendant visite à mes clients, habillé d’une veste en tweed avec une pièce en daim aux coudes. Les gens étaient un peu étonnés, mais ils aimaient l’image que je véhiculais… et mes cravates. J’ai toujours conservé ma Morgan 1966.

 

Rodolphe Rapetti : quand et comment avez-vous commencé à collectionner ? Quelles étaient vos motivations de départ ? Sont-elles identiques aujourd’hui ?

Ralph Lauren : je ne me considère pas comme un collectionneur d’automobiles. Dans mon esprit, elles sont comme une part de moi-même. C’est un amusement, comme des jouets ; lorsque vous commencez à en essayer plusieurs et que vous pouvez vous les offrir, vous les regardez et vous rêvez de les acquérir. Chacune suscite une sensation différente. Peu importe que ce soit une Bugatti ou une Morgan 1961. Ma collection reflète cette diversité. Je n’ai jamais cherché à acheter des automobiles pour épater les gens ; je me vois plutôt les conduisant, vivant avec elles et les utilisant comme si elles faisaient partie de moi. Je ne les considère pas comme des objets merveilleux que je posséderais et que les autres viendraient admirer. Je les conduis et m’en sers pour me promener avec mes enfants. En fin de compte, je leur fais retrouver leur véritable nature.

 

Rodolphe Rapetti : les voitures de votre collection sont toutes en parfait état de marche. Quel est le plus grand plaisir : conduire une voiture ou la regarder ?

Ralph Lauren : ni l’un ni l’autre. On ne peut pas séparer les deux choses. C’est une seule et même expérience – l’odeur, la conduite, le ronronnement du moteur, la sensation du levier de vitesse sous la main. Chaque automobile est particulière et procure une sensation particulière. Une voiture que j’aime conduire à 10 h du matin peut ne pas me procurer le même plaisir à 17 h. Les automobiles ont des humeurs qui changent selon le temps qu’il fait, ou selon celle du conducteur. C’est une manière de vivre.

 

Rodolphe Rapetti : certaines voitures de votre collection remontent à une époque où l’automobile relevait encore de l’artisanat, du moins en ce qui concerne les véhicules de prestige. Vous êtes d’évidence sensible à cet aspect. Y trouvez-vous des points de ressemblance avec votre activité dans le domaine de la mode ?

Ralph Lauren : très certainement. Pour moi, les automobiles sont de véritables œuvres d’art. Dans ma collection, certaines des plus anciennes ont réellement été faites à la main. Les finitions et le travail du métal étaient réalisés par des artisans. J’ai toujours aimé ces machines créées par des personnes qui mettent à profit leur passion pour la fabrication afin de donner naissance à de belles formes ou à des sons qui procurent du plaisir. Ettore Bugatti était un artiste de ce genre. Ses voitures étaient les créations d’une équipe d’artisans. J’adore ce côté artisanal, on a l’impression d’entretenir une relation personnelle avec le fabricant. Aujourd’hui, la création automobile est beaucoup plus sophistiquée, mais celles que j’aime, collectionne et conduis sont toujours particulières, possédant une identité artistique qui leur est propre. Le travail à la main est capital dans mon activité de créateur. Beaucoup de nos produits, comme les sacs à main ou les montres, sont fabriqués manuellement par des artisans un peu partout dans le monde. Ces objets sont très attirants parce qu’ils ont une intemporalité qui transforme leurs possesseurs en collectionneurs. Posséder aujourd’hui quelque chose fait à la main, de façon  artisanale, relève du principe de désir.

Bugatti 59 Grand-Prix, 1938 – © Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : vous avez dit à plusieurs reprises que vos voitures représentaient pour vous une source d’inspiration dans la création de vêtements, d’objets ou d’accessoires. Pourriez-vous expliquer en quoi ?

Ralph Lauren : ma vie quotidienne, mon travail, les choses que j’aime et les gens que je rencontre sont pour moi une source continue d’inspiration. Je suis constamment à la recherche d’idées pouvant développer ma vision créative. Les automobiles ont toujours été un élément enrichissant dans ce processus. Quand je contemple une voiture, j’aime ses prises d’air très stylisées, une rangée de rivets en acier, un enjoliveur ou un bouchon de réservoir, un volant parfaitement travaillé, des garnitures d’un cuir onctueux, un tableau de bord en ronce de bois soigneusement poli ou la beauté d’une sangle en cuir sur la capote. Je m’empare de ces détails et les utilise pour créer aussi bien une montre qu’un fauteuil destiné à une femme en robe de soirée. Il y a quelques années, je me suis inspiré de la fibre de carbone de ma McLaren. J’ai été saisi par l’idée que ces cinquante-quatre couches de tissu carbone, que l’on ne trouvait autrefois que dans les jets les plus performants et les voitures de course, pourraient être utilisées pour un fauteuil à la fois incroyablement confortable et résistant. Nous avons conçu le fauteuil en fibre de carbone RL-CFI, le premier du genre, en 2003. Lorsque, l’an dernier, nous avons lancé la collection de montres Ralph Lauren, de nombreuses formes provenaient de dessins de nos archives. La plus novatrice est directement inspirée de ma Bugatti Atlantic. Je l’ai appelée The Dash parce que son cadran est une reprise du tableau de bord en ronce. Elle s’inscrit dans l’esprit des lignes pures de la voiture. Je serai heureux de la porter quand je conduirai l’Atlantic.

Bugatti 59 Grand-Prix, 1938 – © Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : comment la couleur d’une voiture peut-elle influencer la perception que l’on a de sa ligne ?

Ralph Lauren : la couleur définit réellement l’image et l’apparence d’une voiture. Le gris métallisé est ma couleur préférée parce qu’il a l’apparence de l’acier et représente bien la mécanique. J’adore le vert foncé de la Jaguar, le rouge de la Ferrari et, bien sûr, le noir. À travers l’histoire de l’automobile, certaines couleurs ont été associées à certains modèles – la teinte métallisée des Porsche, le rouge des Ferrari, une Alfa Romeo rouge. Cette relation entre les automobiles et les couleurs relève de la tradition de la compétition. Les couleurs ont une intégrité qu’un collectionneur doit respecter, notamment dans les opérations de restauration. Lorsque j’ai acheté la Bugatti Atlantic, fabriquée par Bugatti en 1938, une des plus fabuleuses voitures qui aient jamais existé, elle était bleu pâle avec des sièges beige clair. Il m’est très vite venu à l’esprit que la voiture devait être entièrement noire avec des sièges en cuir noir et un tableau de bord en ronce. J’ai pris la liberté de concrétiser cette idée. Elle a remporté tous les grands concours. J’ai pris le même genre de liberté avec d’autres voitures pour lesquelles j’ai choisi la teinte métallisée ou le cuir. Parce que ces automobiles m’appartiennent, je fais appel à mon sens du style et de la couleur pour m’exprimer. Cela me procure un grand plaisir.

Jaguard XKD, 1955 - © Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : la restauration des véhicules anciens est une opération délicate qui demande beaucoup d’études préalables sur les techniques contemporaines du modèle ainsi que sur l’historique de l’exemplaire concerné, puis un doigté particulier dans la réalisation afin d’éviter tout excès. Pourriez-vous évoquer les principes généraux appliqués à la restauration de vos voitures ? Avez-vous parfois des hésitations face à certaines questions particulièrement épineuses ? Quelle est la restauration qui vous a donné la plus grande satisfaction ? Quelle fut la plus difficile ? La plus subtile ?

Ralph Lauren : la chose la plus importante dans le domaine de la restauration est de faire appel à ceux qui sont vraiment compétents, les experts. Il y a des experts différents pour Ferrari et Mercedes, pour les Mercedes « Papillon » et pour les Bugatti. Il faut rechercher l’authenticité. Toutes mes voitures ont été restaurées, parce que j’ai toujours voulu éviter de tomber en panne sur la route. La restauration, pour moi, est surtout une question de qualité et de respect des détails d’origine. Je n’étais pas « restaurateur » jusqu’à ce que j’aie la chance de rencontrer Paul Russel, un historien de l’automobile et restaurateur de Boston, qui a ensuite travaillé avec moi pendant une vingtaine d’années. La restauration est un travail délicat. À mes yeux, il ne peut y avoir aucune tricherie dans l’opération. Nous avons, par exemple, restauré une Alfa Romeo 2,9 avec toutes les précautions possibles et dans ses moindres détails. La couleur d’origine, un rouge brillant, a été retrouvée sous cinq couches de peinture. Quand la voiture a été exposée, certains ont trouvé la couleur si rutilante que, selon eux, elle ne pouvait être la bonne. Personnellement, j’aurais préféré un rouge plus sombre qui l’aurait vieillie, mais j’ai respecté la décision du restaurateur et son choix de l’authenticité correspondant à l’histoire de cette automobile.

Rodolphe Rapetti : contrairement à d’autres, vous avez bâti votre collection autour d’un nombre limité de marques. Il y a sans doute là un choix délibéré. Qu’est-ce qui le motive ? Si l’on excepte Bugatti, les voitures françaises en sont absentes. Pourquoi ?

Ralph Lauren ; j’aime certaines voitures et j’ai toujours ressenti du respect pour l’homme ou l’entreprise qui les a créées. Ils étaient des leaders dans leur domaine. Il se peut cependant que je sois passé à côté de certaines grandes automobiles ; j’ai toujours fait confiance à mon œil pour choisir celles que je voulais vraiment. Je ne dis pas que chaque pièce de ma collection est la plus belle au monde, mais ce sont les automobiles qui me plaisent, celles que j’ai envie de conduire.

Rodolphe Rapetti : dans les années 1970, certains amateurs considéraient que la beauté des lignes automobiles des années 1920 et 1930 demeurait inégalée. Depuis, les voitures des années 1950 et 1960 ont acquis droit de cité auprès des collectionneurs, jusqu’à peut-être détrôner leurs aînées. Y a-t-il selon vous un « âge d’or » de l’automobile ?

Ralph Lauren : je pense qu’il y a eu plusieurs époques de l’automobile, et que chacune a eu sa forme de beauté. Mais pour moi, au-delà de la beauté, il y a l’excitation de les piloter. Ma préférence est allée vers des voitures plus contemporaines, probablement parce que j’ai grandi avec elles, par opposition à celles qui m’ont précédé. À l’exception des Bugatti, qui sont totalement intemporelles. J’apprécie tout particulièrement les automobiles qui ne sont pas de véritables pièces d’antiquité qu’il est impossible de démarrer sans avoir recours à toutes sortes de dispositifs complexes. J’aime me mettre au volant, tourner la clé de contact et partir. J’adore l’aspect extérieur d’une automobile tout autant que l’impression que l’on ressent en la conduisant.

Bugatti 57 S(C) Atlantic, 1938 - © Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : quelle est votre voiture favorite ?

Ralph Lauren : Je n’ai pas de voiture favorite. Elles sont comme mes enfants. Chaque automobile de ma collection est ma préférée. Chacune a quelque chose d’unique. Ça peut être sa ligne, son volant, ses roues à rayons ou la manière dont elle se conduit. Chaque modèle a son propre caractère qui, à un moment précis de ma vie, m’a attiré. Certains par leur vitesse et leur technologie, d’autres par leur romantisme ou leur charme, d’autres encore parce qu’ils étaient étonnamment fonctionnels. Chacune de mes automobiles a une personnalité bien à elle. C’est ce qui me les rend très chères, et c’est pourquoi je n’ai jamais aimé m’en séparer. Elles font partie de ma vie.

 

Rodolphe Rapetti : que pensez-vous du design automobile d’aujourd’hui ?

Ralph Lauren : les voitures, comme beaucoup de choses, obéissent à la mode. Leur style est en vogue à un moment et ensuite ne l’est plus, si bien que les fabricants cherchent à développer toujours de nouveaux modèles. Aujourd’hui, grâce à un niveau de technologie jamais atteint, les automobiles ont des formes et des silhouettes extrêmement variées, ce qui laisse au conducteur de multiples possibilités. Bien que je trouve le design automobile actuel le plus souvent ennuyeux, il y a de merveilleuses exceptions. Les voitures qui, pour moi, se distinguent aujourd’hui sont celles qui ont un design grandiose, un esprit à la fois contemporain et intemporel, une allure incroyable et une technologie de pointe. Les voitures formant une part importante de notre culture, la femme ou l’homme qui en conduit une la voit comme une extension de lui-même. L’automobile est un prolongement de notre goût en général, et je pense que les fabricants l’ont compris. Ils cherchent à proposer des voitures qui expriment l’individualité de leur conducteur.

 

Rodolphe Rapetti : peut-on considérer une automobile comme une œuvre d’art ?

Ralph Lauren : je crois que les automobiles, notamment celles qui ont fait l’objet d’une production limitée, peuvent être considérées comme de véritables œuvres d’art. Bien que j’apprécie les collections de peintures, je crois que la véritable beauté d’une automobile rare et merveilleusement dessinée réside dans le fait de pouvoir l’utiliser ; on peut admirer ses qualités esthétiques, comme celles d’une peinture, mais on peut aussi monter dedans et la conduire. J’aime beaucoup l’idée qu’une automobile est une œuvre d’art parce que, pour moi, une automobile est une fête. Une fête des yeux, une fête de la technologie et de la mécanique, une fête dans les moindres détails. À mes yeux, l’automobile est un genre d’art spécial : un art en mouvement.

Ferrari 250 GTO,  1962 – © Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : aimeriez-vous créer une voiture ?

Ralph Lauren : dessiner une automobile et dessiner une collection de mode requièrent un certain métier et une vision, ce sont deux choses totalement différentes. Je sais ce que j’aime dans une voiture, mais je ne me considérerai jamais comme un designer automobile. Choisir la couleur d’une voiture n’est pas la dessiner. J’ai un immense respect pour ceux qui le font. Ils mènent leur carrière comme je mène la mienne. Quand j’étais jeune, je pouvais regarder une Bentley ou une Mercedes et dire : « Oh, cette voiture est si belle ! Regarde les cuirs intérieurs, le tableau de bord en ronce. » Puis passait une Porsche tout à fait austère et minimaliste. Si vous m’aviez demandé laquelle était la plus belle, j’aurais eu des arguments en faveur de chacune. Je ne pense pas que j’aurais jamais pu concevoir la Porsche ou la Bentley. Mais j’aurais pu imaginer comment faire d’elles la plus belle Porsche ou la plus belle Bentley.

 

Les volants de Monsieur Ralph Lauren

Si vous n’avez pas encore pris le temps de découvrir de visu une partie de la fabuleuse collection automobile de Ralph Lauren aux Arts Décoratifs de Paris, il vous reste encore quelques semaines jusqu’au 28 août, date de clôture de l’exposition. Beaucoup d’articles dans la presse ont relaté à juste titre cette magnifique mise en scène autour du « racing, style and beauty ».


Les Vilains ont pu accéder à cette collection avant son ouverture et réaliser un grand nombre de photos des bolides sous toutes leurs coutures grâce au concours de la marque Ralph Lauren (on remercie chaleureusement Delphine et Patricia), du musée des Arts Décoratifs et du « cool photographer », Jacques Gavard, qui a fait transpirer ses Nikon ! MyVision vous livre une vue toute personnelle de l’univers des voitures de Ralph Lauren en se consacrant, dans la mesure du possible,  à leurs cockpits, installant le lecteur aux commandes de chaque merveille, comme s’il pouvait les conduire, le rêve de chacun de nous ! La voiture nous regarde, nous invite parfois à monter, puis nous tourne le dos pour avaler l’asphalte… Unique, sportive, racée, chacune apporte son lot d’émerveillement et une véritable part d’histoire dans le monde du design et de la compétition automobile. Derrière certains volants, vous pourrez vous rêver en Steve McQueen, James Dean, ou John Steed… A vous de retrouver les modèles correspondants dans les photos ci-après.

Vous découvrirez d’autres photos sublimes et des points de vue différents de la collection chez Les Vilains.

Allez hop, il est temps de prendre le volant !

© Photos – Jacques Gavard

Cliquez sur les images pour en admirer les détails !


Une seule automobile de l’exposition manque à l’appel sur ces images… La Mc Laren F1 LM de 1996. Un design trop « supercar » contemporain au regard des autres bolides exposés pour ma part…

Alors, l’automobile hissée au rang d’œuvre d’art ? C’est Monsieur Ralph Lauren qui en apporte la réponse : « je crois que les automobiles, notamment celles qui ont fait l’objet d’une production limitée, peuvent être considérées comme de véritables œuvres d’art. Bien que j’apprécie les collections de peintures, je crois que la véritable beauté d’une automobile rare et merveilleusement dessinée réside dans le fait de pouvoir l’utiliser ; on peut admirer ses qualités esthétiques, comme celles d’une peinture, mais on peut aussi monter dedans et la conduire. J’aime beaucoup l’idée qu’une automobile est une œuvre d’art parce que, pour moi, une automobile est une fête. Une fête des yeux, une fête de la technologie et de la mécanique, une fête dans les moindres détails. À mes yeux, l’automobile est un genre d’art spécial : un art en mouvement ». Extrait de l’interview mené par Rodolphe Rapetti, commissaire de l’exposition.

Dans le prochain billet, vous découvrirez la suite de l’interview de Ralph Lauren.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des hommes pendant 24 heures au Mans…

Les 24 heures du Mans c’est plutôt une histoire d’hommes (et de femmes). 24 heures non stop pour découvrir cette arène du sport automobile où se mêle la compétition, l’endurance, la passion et les valeurs humaines. MyVision vous livre son regard sur l’épreuve et ses personnages qui l’animent ! Images choisies…

Crédit photo : Guillaume Cadot/LaB

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Ralph Lauren tribute!

Aston Martin boy

Le Mans Classic

Rockabilly commissaire

Jour, nuit, jour, nuit, …

Ah la barbe !

Papa, elles sont où les clefs de ta voiture ?

Moi, j’aime les voitures propres !

I Love Moustache!

Alors les Marios, et vos karts, sont où ?

Rinaldo Capello

Tiens un gars échappé de la planète mode !

Men in Black

M’en fous de la course, moi j’écoute ZZ Top !

Christian Bex, France Info

Zzzzzz, vous me direz qui a gagné…

Missoni attitude

7h10, Audi Media Lounge, Le Tone

Ma que ?

Je t’ai vu !

 

 

 

My name is McGinnis, Robert McGinnis

C’est en discutant avec mon copain Dimitri (From Paris) de films des années 60 que le nom de McGinnis est ressurgi. Cet illustrateur et peintre américain né en 1926 est connu pour ses affiches de film pour comme Breakfast at Tiffany’s ou Barbarella et surtout celles de James Bond.

On raconte que Robert McGinnis est à l’origine de la position de l’agent secret lorsqu’il tire dans les génériques… Il collabore avec  sur les illustrations de Thunderball et Your Only Live Twice. Puis en solo pour les affiches de Diamonds Are Forever, Live And Let Die, et The Man With The Golden Gun.

Son traité graphique révélant un monde de pin-ups et de machos aux gros flingues séduit le cinéma de la Blaxploitation et les westerns-comédies où la recette est toujours la même. Un homme en gros plan, massif et armé, entouré de créatures en bikini sur fond de scènes d’action dans une  jungle tropical, sur une plage brésilienne ou dans un guetto urbain, le tout passé à la couleur cinémascope… Une véritable signature ! Celle qui a contribué au succès de l’agent 007 passant du serviteur de Sa Majesté à l’icône séductrice interplanétaire.

McGinnis a réalisé également un grand nombre d’illustrations pour des couvertures de livres (on parle de 1 200 !) et certaines ont été déclinées dans le Time Magazine ou le Good Housekeeping.

Depuis 1993, Robert McGinnis fait partie de la Société des Illustrateurs il a été élevé au rang de membre d’honneur pour son travail remarquable tout au long de sa carrière.


Métisse Motorcycle


« This rig is the best handling bike I’ve ever owned »… Phrase qu’aurait dit Steve McQueen en parlant de sa Métisse Desert Racer. Moto culte qui est rééditée à 300 exemplaires et vendu 20 000 euros ! Cher pour un engin spartiate muni de moteur Triumph et compliqué à ce prix-là de se mettre en vrac dans un chemin boueux comme l’aurait fait The King of Cool ! Lui qui aimait bricoler ses motos, on est loin du concept ! Enfin pour le bruit de l’engin, c’est ici !

Steve McQueen (152) et Bud Ekins (52) lors d’une course dans le désert de Mojave (Photo: © Life)

Steve McQueen alias Harvey Mushman…

1971, à Elsinore en Californie, une course de motos allait entrer dans la légende grâce à un film avec dans le rôle principal un certain Harvey Mushman… autrement dit Steve McQueen !

1 500 pilotes s’affrontaient entre terre et bitume dans la petite ville de la côte Ouest américaine ce jour-là. Steve McQueen décidait de participer avec une petite équipe technique pour réaliser un film sur la course, un film d’un passionné pour des passionnés dont l’unique but serait de voir des pilotes de motos se battre avec leurs machines : On Any Sunday.

Steve McQueen pris le nom d’emprunt d’Harvey Mushman pour s’inscrire, habitude qu’il avait pour assouvir sa passion de la compétition en toute tranquillité. La supercherie fut vite découverte par les autres participants…

William Claxton, le célèbre photographe qui a pris la plupart des clichés de la vie de l’acteur, raconte comment il a reçu un coup de téléphone à 4 heures du matin de McQueen pour venir photographier la course…

“Hey Clax, what’s happenin’, you wanna go with us? I’m meetin’ with Bud and Dan and some of the other cats up in Palmdale. We’re headin’ out to Mojave, a cross country bike race. We’ll have breakfast. Eggs over easy, bacon, hash browns, hot coffee. It’ll be a blast.”

Et Harvey Muschman aujourd’hui est devenu un site qui vend des articles brandés autour de cette course et de Steve McQueen…


 

From John Barry with love

J’ai toujours été très « Barry » depuis que je suis petit… Barry White et John Barry m’ont toujours fasciné. Et ils sont partis aujourd’hui.

My name is Barry, John Barry… Je ne vais pas revenir sur la carrière de John Barry, beaucoup de papiers ont été écrits depuis dimanche soir sur l’homme et son œuvre. J’ai juste envie de partager avec vous une histoire et une musique résumant selon moi ce personnage haut en couleur.

Michael Caine, un autre artiste élégant, grand ami de John Barry, raconte dans son livre autobiographique « What’s It All About » cette anecdote trouvée sur l’excellent site Quantum of Bond. En 1964, Michael Caine achète un appartement et en attendant qu’il soit disponible, John Barry l’héberge alors qu’il est en pleine création pour un grand film à venir… « Une nuit, je n’ai pas pu fermer l’œil, car il avait travaillé jusqu’à l’aube sur le même morceau au piano. Au matin, abandonnant l’idée de dormir, je me levai et allai faire du café dans la cuisine pour John et moi. J’entrai dans le salon et le trouvai écroulé de fatigue sur le piano. Il avait visiblement terminé le morceau sur lequel il s’était escrimé toute la nuit. Il me le joua, alors que le soleil entrait dans la pièce et nous réchauffait. Non seulement, j’étais la première personne à l’entendre mais je l’avais entendu tant et plus toute la nuit. « Comment ça s’appelle ? » lui demandais-je quand il eut fini. « Goldfinger » me répondit-il, avant de s’endormir sur le piano. »

Même si j’aime toutes ces créations musicales (comment oublier Le James Bond Theme, Amicalement Votre, etc), une reste pour moi un summum du genre. La musique du film On Her Majesty’s Secret Service est un monument ! D’ailleurs, le film aussi, j’en ai parlé il y a longtemps sur ce blog. Un must du genre 007 où tous les ingrédients sont présents. C’est aussi une leçon d’élégance masculine. Le meilleur de toute la série. Quant à la musique, et bien voilà… tellement fabuleuse que les Propellerhead en ont fait un superbe remix.

Alors que maintenant ce grand compositeur est parti, par pitié messieurs les producteurs de 007, ne nous mettez pas Lady Gaga ou consœur à la réalisation d’un générique !!!

Heritage Clothing Collection par Honda

1960s Honda wing logo, a classic

La marque japonaise a débuté son business sur le territoire américain en 1959 à Los Angeles dans une toute petite boutique. Exposant d’abord des motos à la vente puis des voitures durant les années 1970, Honda  a su donner, dès le départ de son activité américaine, une vision lifestyle de la marque en proposant sa propre ligne de vêtements inspiré du look American Way of Life.

1959 American Honda Motor Co storefront on Pico Blvd

La marque nippone a décidé de relancer dans la cité des anges (designed and made in LA !) cette collection baptisée Heritage Clothing Collection qui fait revivre quelques pièces iconiques des années 70-80. Tshirts et sweats arborent les anciens logos de la marque et notamment le fameux logo « Honda Scooter Maniac » de 1983 ! D’autres pièces devraient suivre comme des cuirs et accessoires emblématiques de la marque pour le printemps ainsi qu’une boutique en ligne.

Crédit photo – Rachel Devine Photography

Crédit photo – Rachel Devine Photography

Honda Shop Shirt:  This vintage inspired ‘Honda Shop Shirt’ is made from waxed denim and is overdyed and features the original Honda logo and address from 1959. Designed and produced in Southern California.  Photo Credit: Rachel Devine PhotographyCrédit photo – Rachel Devine Photography


Et dire que j’ai mon Dax Honda de 1969 au garage…

Un petit tour dans le garage de Monsieur Lauren…

Découvert chez mes amis Matérialiste, les photos réalisées pour le magazine Vanity Fair de la collection d’automobiles de Monsieur Ralph Lauren. Si vous avez succombé comme moi il y a quelque années sur le livre consacré à cette collection (Speed, Style and Beauty en vente chez ETAI à Paris et sur Amazon), vous connaissez la passion et l’exigence du créateur pour les belles  mécaniques.

Connaissance, sens du détail, goûts sûrs d’un passionné, esthète sont les mots qui nous viennent à l’esprit lorsque nous parcourons cette collection ; on découvre un garage de la taille d’un hangar, le D.A.D. Garage – les initiales des prénoms de ses 3 enfants – vers Atlanta, (on pense d’ailleurs au hangar faussement désaffecté de Dirk Pitt, héros des romans de Clive Cussler qui abrite une collection de vieilles auto, moto et anciens avions…). Un bâtiment à l’intérieur cliniquement propre, où chaque modèle est regroupé par marque et constructeur et disposé sur un piédestal blanc telle une œuvre d’art tranchant sur les allées en moquette noire.

Un garage et non un musée ; une rampe permet de sortir les bolides pour les faire rouler ! Ferrari Testa Rossa 1958, Bugatti Type 57SC Atlantic, Type 59 Grand Prix, Alfa Romeo Mille Miglia roadster 1938, Mercedes-Benz SSK « Count Trossi » roadster 1930, Jaguar XKSS 1957, McLaren F1, Bugatti Veyron, Lamborghini SV, ou encore Ferrari 250 GT,… La liste est longue, elle donne le tournis tant le choix est judicieux. Radicale aussi ; les Ferrari sont rouges, les Bugatti soit noires, les Mercedes couleur argent, …

Si la force de cette collection réside dans sa sélection elle l’est aussi par la touche laurenienne que le maître a voulu sur certains modèles ; des voitures repeintes avec des teintes plus étincelantes, des intérieurs restaurés avec plus d’élégance qu’à l’origine, des détails magnifiés, etc. Une collection ultra personnalisée dont les puristes pourraient crier au scandale mais qui a été pensée et réalisée dans les règles de l’art. D’ailleurs de nombreux modèles comme la Bugatti Type 57SC ont gagné des concours d’élégance de part le monde (Pebble Beach, Villa Del Este). 60 modèles (La qualité avant la quantité) qui symbolise l’esprit du travail et un art de vivre cher à Ralph Lauren : design, soucis du détail, choix des matières et couleurs, héritage, savoir-faire, patrimoine.

Et dire qu’il cherche toujours un modèle de voiture, cher à ses yeux, qu’il n’a pas encore trouvé. Personne ne connait ledit modèle. Et si le nom s’ébruitait, on n’ose imaginer son prix de vente…

The King of Cool – 7/11/1980-7/11/2010

30 ans… 30 ans que Steve McQueen nous a quitté jour pour jour. Tant de choses à dire sur l’icône, tant de choses ont déjà été écrites, j’en parle régulièrement sur ce blog parce qu’il est une source d’inspiration stylistique sans fin pour nous les hommes, que dire de plus en guise d’hommage 30 ans après sa disparition ? Que les pantalons Chino et les desert boots n’ont jamais été autant cités dans les magazines de mode, que les motos Triumph Scrambler ont toujours la cote, que la veste Barbour qu’il portait pour la ISDT en 1964 est complètement d’actualité, que les casques Ruby sont un bel hommage, que Heuer et Rolex peuvent le remercier tous les jours, que les 7 Mercenaires ou Bullit se regardent encore avec des yeux d’enfants, que son éternel sourire qui fend son visage mi-ange mi-voyou nous séduira encore, que nous aimerions tous pouvoir nous payer des voitures de course pour inviter nos potes à tourner sur le circuit du Mans, même si on perd de l’argent, etc.

Bref, je pourrais m’étendre des heures entières sur le sujet. Alors plutôt que de long discours, voici 3 photos et leurs commentaires qui résument bien le personnage et la fascination qu’il dégage pour vous et moi, amoureux d’un certain art de vivre !

- The Thomas Crown Affair – 1968

« C’est avoir vu ce spectacle qui m’a donné envie de devenir tailleur » – Frank Rostron, chemisier britannique

- Magazine Monsieur Italie novembre 2010 – couverture

Et nous pouvons faire confiance et nos amis transalpins quand il s’agit de style et d’art de vivre…

- Ma collection…

« racing is life anything that happens before or after is just waiting » – Steve McQueen



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