Archive for the ‘Mythe’ Category

Hollywood and the Ivy Look

Entre 1955 et 1965, Steve McQueen, Paul Newman ou Antony Perkins pour ne citer qu’eux ont donné naissance au style Ivy League chez les stars hollywoodiennes. Pour mémoire, on désigne par « Ivy League » la classe sociale de la côte Est américaine qui fréquentait les universités prestigieuses de Havard ou Yale. Pantalons Chino, chemises Oxford button down, mocassins, vestes en tweed… un look qui a séduit l’univers de la mode des sixties et défini l’idée d’une certaine « American Way of Life » portée aux nues par Ralph Lauren qui lui injecta des couleurs plus vives créant le style « preppy » ; La mode  « Ivy League » rentrait dans la modernité.

Le costume en seersucker de James Coburn, le polo sous le blazer bleu navy de Robert Redford ou les pantalons Chino de McQueen… Retrouvez ces pièces iconiques et intemporelles de cette période qui n’a pas pris une ride, portées par des stars qui avaient du style sans faire appel à un styliste… C’est sûr, on est loin des costumes noirs brillants de nos acteurs d’aujourd’hui avec manches trop longues, vestes trop courtes et pantalons qui tirebouchonnent sur des chaussures pointues… Turlututu ! Quelle horreur !

Hollywood and The Ivy Look, 288 pages, éditions Reel Art Press

En vente sur Amazon et chez Colette


Jensen FF meets Ferrari FF!

Une balade dans les alpes suisses, entre Zurich et Saint-Moritz, digne d’un vieux James Bond ou du sublime An Italian Job. Pour ce faire, deux voitures avec chacune quatre roues motrices, une Jensen des années 60 motorisée en V8 par Aston et le dernier joyau de Ferrari, la FF, esprit shooting brake transalpin, au V12 avant.

Au volant, Steve Wakefield de Classic Driver, nous donne ses impressions à chaud.

Aucune comparaison possible entre les deux voitures, juste le plaisir de conduire dans un paysage de rêve deux voitures sublimes, hors du temps, entre étendues enneigées et routes en lacets…

Enjoy!

 

 

1962-2012, 007 toujours au service de Sa Majesté !

50 ans que ce magique générique de John Barry résonne à nos oreilles… James Bond s’offre une grande année 2012 avec tout d’abord la sortie du 23ème opus de la série, Skyfall, avec un Daniel Craig toujours relooké par Tom Ford.

Deux autres événements sont également de la partie ; dès le 17 janvier, le public pourra découvrir une exposition regroupant une cinquantaine de véhicules ayant tourné dans les films du célèbre agent britannique. Il s’agit du plus grand regroupement de voitures de l’univers 007. Baptisé « Bond in Motion », le rendez-vous se tiendra jusqu’en décembre 2012, au « National Motor Museum » situé à Beaulieu, dans le Hampshire (Grande-Bretagne).

Enfin, la pré-commande sur Amazon d’un coffret Blu-Ray regroupant les 22 épisodes de James Bond est aujourd’hui possible !

De quoi se replonger dans l’élégance des années passées au Service Secret de Sa Majesté !

Vintage Seekers, pour une wishlist de goût

Non, je ne vais pas vous présenter l’éternel liste de cadeaux de Noël que j’affectionne comme la plupart des blogs en cette période. On ne va pas vous sortir le dernier livre Assouline ou le petit accessoire mode de Mr Porter !… Non.

En revanche, on vous dit qu’il faut vite aller découvrir, si ce n’est pas encore fait, le site Vintage Seekers. Un site anglais qui regroupe de manière éclectique une compilation de beaux objets design du XXe siècle sélectionnés scrupuleusement par une équipe professionnelle.

Robes de créateurs, bijoux, œuvre d’art, mobilier, un choix esthétique pour des personnes avides d’objets ayant une histoire, habituées à chiner aux quatre coins de la planète, aimant le raffiné, le rare, réalisant leurs choix avec discernement.

Curating a heritage lifestyle, la signature du site, résume bien l’esprit esthète de cette vitrine aux beaux objets vintage.

Alors que diable, soyez original, trouvez votre bonheur dans un objet qui marque la différence, qui vous inscrit dans l’histoire, qui vous montre comme un véritable curator de votre propre style et que vous garderez toute votre élégante vie…

Slim Aarons et la jet-set

Slim Aarons est un photographe de guerre, un homme qui a connu les combats de la Seconde Guerre Mondiale et reçu la Purple Heart. Mais il est surtout connu pour son regard sur la jet-set des années 50 à 70. Un travail sans styliste ni maquilleur et essentiellement en lumière naturelle. Il s’est éteint en 2006 à New York à l’âge de 90 ans et laisse derrière lui de superbes clichés, témoins d’une époque où le voyage et le glamour occupaient une place importante dans la vie des élites qui faisaient rêver.

« Attractive people doing attractive things in attractive places » aimait-il à résumer les moments innocents et toujours stylés vécus par une galerie de personnages hauts en couleurs qu’il prenait en photos.

Car ici, attention, il ne faut pas se tromper, nous parlons de la vraie jet-set, … Des gens élégants, décalés, brillants, ayant de l’esprit, des happy few people qui pouvaient changer de continent le temps d’un vol en jet à l’heure où le voyage n’était pas encore un loisir de masse. Aspen, Verbier ou Cortina en hiver, Palm Spring aux beaux jours accueillaient les aristocrates européens, les très riches industriels et autres nababs hollywoodiens.

Slim Aarons fait partie de cette joyeuse troupe éclectique. Nous sommes bien loin des clichés de la presse people aujourd’hui où la pose est figée, obligée, le métier de paparazzi rangé au rang de la petite délinquance et les photographiés souvent peu intéressants.

Tout une époque qui nous replonge dans l’esprit du magazine Life !

A stand-up fondue picnic, Aspen, around 1967

Chalet Costi (© Slim Aarons)

Vacances à Verbier, 1964

Poudreuse, Aspen, 1967

Truman Capote dans son appartement, Brooklyn Heights, New York, 1958

Renata Boeck à l’hôtel Regency, New York, 1964

New York picnic, 1952

« L’homme au travail », Hugh Hefner entouré des « bunny girls » au Key Club, Chicago, 1960

Lord Litchfield et ses amis, 1968

Lac de Côme, villa de Giacomo et Stefania Montegazza

« Gossip by the Pool », 1970

Hôtel Carlton, Cannes, 1958

Villa à Athènes, 1961

« Sea Drive », Nassau, 1967

The Art of Being British… Well!

J’aime Londres. Rien d’original que de signifier son engouement pour la capitale (presque) insulaire, si proche de la France et si différente de celle-ci. Londres comme New York me rappelle les séries télévisées et le cinéma, d’Amicalement Vôtre à Chapeau Melon et Bottes de Cuir, de Coup de Foudre à Notting Hill à Rocknrolla… Et bien sûr James Bond !

Et lorsqu’on vous propose pendant une journée de devenir un personnage d’une mise en scène célébrant l’art de vivre britannique en plein coeur de Jermyn Street, vous ne pouvez qu’accepter ! Alors comme dirait Dany à Brett, « Si son Altesse veut bien nous suivre… »

Le 10 septembre dernier, les grandes enseignes de cette rue mythique près de Piccadilly Circus, tenaient leurs portes ouvertes afin de célébrer « the Art of Being British » : Turnbull & Asser, Taylor, John Lobb, Edward Green, Fortnum & Masson, proposaient la découverte de leurs métiers, leurs savoir-faire et rendaient honneur à leur art de vivre. Une initiative annuelle de quartier, esprit « fête des commerçants », mais en VO non sous-titrée !

Je ne vais pas faire ici l’apologie de l’artisanat anglais, les différences entre le sur-mesure et le bespoke… D’autres sites le font mieux que moi et cela est assez ennuyeux à la longue. Mais je vais essayer de vous résumer en 10 points les faits marquants de cette journée britannique !

1/ Prendre une cup of tea au salon Business Premium d’Eurostar en gare du Nord puis continuer avec un vrai breakfast (cream cheese, salmon and co) une fois installé à bord, c’est une bonne mise en condition…

2/ Se fondre dans un folklore tout britannique dès l’arrivée, ou certains passants sur Jermyn Street  jouent le jeu du gentleman élégant est très, well, amusant !

3 / Analyser la technique de montage des cravates par une petite main qui va aussi vite que vous pour lasser votre soulier.

4/ Retenir la phrase du Maître Coupeur chez le chemisier bondien Turnbull & Asser : « nous avons tout type de clients chez
T & A… Le plus jeune a 4 mois ! »  – BBespoke.

5/ Rester soi-même si vous lunchez en pleine rue avec votre compagne. Cela pose-t-il un problème ?

6/ Arborer un immense parapluie rouge et jaune et s’en moquer. What else!

7/ Faire comprendre aux Français que le pantalon tartan n’est pas réservé aux retraités joueurs de golf. Enfin comme cette année il parait que c’est à la mode, nous devrions gravir une étape dans sa compréhension !

8/ Exercer le métier de butler nécessite une tête de butler qui ne se trouvera jamais dans notre contrée… Comme leurs manières d’ailleurs ! Élégance et désinvolture.

9/ Passer de l’oyster, au Pimm’s ou au whisky, il n’y a qu’un pas !

10/ Se vêtir d’une robe de chambre en soie et vous pourrez essayer d’imiter David Niven ou le Professeur Mortimer !

Retour par un autre Eurostar le soir même, les pensées perdues entre le tweed, la crème à chaussures, les savons à la verveine, la flanelle et la popeline rayée, un diplôme de la Butler and Valet Academy en main prouvant mon bon apprentissage du savoir-vivre britannique…

Promis nous reviendrons old chaps!

Un grand merci à Camille et Anne chez Eurostar, à Sister Agency à Londres et à mes compagnons de voyages (Mr et Mme Darkplanneur, Hélène du magazine Monsieur et Maxime de SoDandy, mon compagnon « Champagne and Eurostar Dinner » pour le retour.

 

Un futur « Little Bastard » chez Porsche

Le sobriquet donné par James Dean à sa 550 Spyder résonne à nouveau chez Porsche qui souhaiterait ressusciter le modèle mythique. Le 551 Spyder, serait son nom, se situerait entre les modèles 911 et 918. Je ne pense pas que les ingénieurs de Stuttgart garderont la motorisation de l’époque, soit 1,5 L, 4 cylindres pour 110 cv !

Pour se replonger visuellement sur cette fantastique voiture dépouillée de tout artifice, refaisons un petit parcours design autour de la 550 Spyder de Ralph Lauren et imaginons sa version future…

Crédit photo : © Jacques Gavard

 

Interview de monsieur Ralph Lauren !

Mark Reinwald est l’heureux homme qui a le privilège de manager le garage de monsieur Ralph Lauren aux États-Unis… Un dur métier ! Présent lors de cette matinée de shooting, nous n’avons pu malheureusement l’interviewer.

Mark Reinwald© Photo : Jacques Gavard

En guise de consolation voici les propos recueillis par Rodolphe Rapetti, commissaire de l’exposition, auprès de Ralph Lauren. Interview sortie du catalogue « L’Art de l’Automobile. Chefs-d’œuvre de la collection Ralph Lauren », éditions Les Arts Décoratifs, Paris, 2011. Rien de mieux que le propriétaire pour nous parler de ces jouets !

© Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : on dit habituellement que la passion du collectionneur trouve son origine dans l’enfance. Quel est votre plus ancien souvenir lié à l’automobile ?

Ralph Lauren : mon canapé ! Je me souviens que, vers l’âge de 4 ans, je m’asseyais sur le rebord du canapé du salon comme s’il s’agissait d’une voiture. J’avais dans les mains quelque chose qui me servait de volant, et mon canapé m’emmenait où je voulais. Un autre souvenir lointain : un dimanche matin, en regardant par la fenêtre de notre maison dans le Bronx, j’ai aperçu une merveille de petit camion de pompier rouge à pédales. Il appartenait à des amis, des frères jumeaux qui vivaient en face. Ils s’installaient à l’intérieur et je me disais : « Oh ! j’adore ce camion. » Depuis lors, je rêvais d’avoir un modèle réduit de ce genre, mais n’en ai jamais eu. Nous n’en avions pas les moyens, c’est donc resté un rêve. Plus tard, lorsqu’à mon tour j’ai eu des enfants, je leur ai offert des voitures. Je me souviens, par exemple, de leur en avoir rapporté une d’Italie – une voiture Mickey en plastique bicolore. J’ai toujours aimé les volants et les automobiles, et je pense avoir transmis ce virus à mes enfants dès leur plus jeune âge.

Rodolphe Rapetti : pouvez-vous parler de votre première voiture ?

Ralph Lauren : la première que j’ai possédée était une Morgan 4-4 modèle 1961 blanc cassé, avec des sièges en cuir rouge. Je devais avoir 23 ans. C’était la plus belle voiture que j’avais jamais vue. Avec une sangle sur la capote, sa conception générale était tout à fait dans l’esprit des années 1930, ce qui lui donnait un aspect très viril, utilitaire, comme une Jeep très séduisante. Elle avait un moteur Ford. Je l’ai achetée d’occasion chez un concessionnaire de New York, elle devait avoir environ cinq ans. Je me souviens que c’était en novembre et que j’ai traversé la ville capote baissée pour rentrer chez moi. Les vrais propriétaires de Morgan ne conduisent pas la capote relevée ! En roulant sur la West Side Highway, je me suis dit : « C’est fabuleux ! » C’était comme dans un rêve. J’ai fait la cour à ma femme Ricky au volant de cette voiture. Elle nous a servi pour l’une de nos premières sorties en amoureux. C’est un souvenir qui m’a marqué. J’ai dû la vendre après notre mariage. Il a fallu que je choisisse entre ma voiture et ma femme, parce que nous voulions un appartement et que je ne pouvais pas acheter un garage dans Manhattan. En outre, en cas de problème mécanique je n’aurais pas pu la faire réparer. Je l’ai donc vendue à un ami qui habitait dans le Massachusetts. Je me souviens de mon dernier voyage à son bord dans ces paysages magnifiques et de l’instant précis où je la lui ai laissée – retourner en bus à New York m’a pris trois heures. Je pense que j’ai abandonné cette Morgan un peu trop tôt. Je n’étais pas prêt. C’est pourquoi la première voiture que j’ai achetée ensuite, lorsque j’ai pu me la payer, était à nouveau une Morgan, un modèle 1966 à quatre places. Quand j’ai commencé à dessiner des cravates, à une époque où la plupart des commerciaux portaient un chapeau et un costume noirs, je la conduisais dans les environs de New York avec les cravates entassées à l’arrière, rendant visite à mes clients, habillé d’une veste en tweed avec une pièce en daim aux coudes. Les gens étaient un peu étonnés, mais ils aimaient l’image que je véhiculais… et mes cravates. J’ai toujours conservé ma Morgan 1966.

 

Rodolphe Rapetti : quand et comment avez-vous commencé à collectionner ? Quelles étaient vos motivations de départ ? Sont-elles identiques aujourd’hui ?

Ralph Lauren : je ne me considère pas comme un collectionneur d’automobiles. Dans mon esprit, elles sont comme une part de moi-même. C’est un amusement, comme des jouets ; lorsque vous commencez à en essayer plusieurs et que vous pouvez vous les offrir, vous les regardez et vous rêvez de les acquérir. Chacune suscite une sensation différente. Peu importe que ce soit une Bugatti ou une Morgan 1961. Ma collection reflète cette diversité. Je n’ai jamais cherché à acheter des automobiles pour épater les gens ; je me vois plutôt les conduisant, vivant avec elles et les utilisant comme si elles faisaient partie de moi. Je ne les considère pas comme des objets merveilleux que je posséderais et que les autres viendraient admirer. Je les conduis et m’en sers pour me promener avec mes enfants. En fin de compte, je leur fais retrouver leur véritable nature.

 

Rodolphe Rapetti : les voitures de votre collection sont toutes en parfait état de marche. Quel est le plus grand plaisir : conduire une voiture ou la regarder ?

Ralph Lauren : ni l’un ni l’autre. On ne peut pas séparer les deux choses. C’est une seule et même expérience – l’odeur, la conduite, le ronronnement du moteur, la sensation du levier de vitesse sous la main. Chaque automobile est particulière et procure une sensation particulière. Une voiture que j’aime conduire à 10 h du matin peut ne pas me procurer le même plaisir à 17 h. Les automobiles ont des humeurs qui changent selon le temps qu’il fait, ou selon celle du conducteur. C’est une manière de vivre.

 

Rodolphe Rapetti : certaines voitures de votre collection remontent à une époque où l’automobile relevait encore de l’artisanat, du moins en ce qui concerne les véhicules de prestige. Vous êtes d’évidence sensible à cet aspect. Y trouvez-vous des points de ressemblance avec votre activité dans le domaine de la mode ?

Ralph Lauren : très certainement. Pour moi, les automobiles sont de véritables œuvres d’art. Dans ma collection, certaines des plus anciennes ont réellement été faites à la main. Les finitions et le travail du métal étaient réalisés par des artisans. J’ai toujours aimé ces machines créées par des personnes qui mettent à profit leur passion pour la fabrication afin de donner naissance à de belles formes ou à des sons qui procurent du plaisir. Ettore Bugatti était un artiste de ce genre. Ses voitures étaient les créations d’une équipe d’artisans. J’adore ce côté artisanal, on a l’impression d’entretenir une relation personnelle avec le fabricant. Aujourd’hui, la création automobile est beaucoup plus sophistiquée, mais celles que j’aime, collectionne et conduis sont toujours particulières, possédant une identité artistique qui leur est propre. Le travail à la main est capital dans mon activité de créateur. Beaucoup de nos produits, comme les sacs à main ou les montres, sont fabriqués manuellement par des artisans un peu partout dans le monde. Ces objets sont très attirants parce qu’ils ont une intemporalité qui transforme leurs possesseurs en collectionneurs. Posséder aujourd’hui quelque chose fait à la main, de façon  artisanale, relève du principe de désir.

Bugatti 59 Grand-Prix, 1938 – © Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : vous avez dit à plusieurs reprises que vos voitures représentaient pour vous une source d’inspiration dans la création de vêtements, d’objets ou d’accessoires. Pourriez-vous expliquer en quoi ?

Ralph Lauren : ma vie quotidienne, mon travail, les choses que j’aime et les gens que je rencontre sont pour moi une source continue d’inspiration. Je suis constamment à la recherche d’idées pouvant développer ma vision créative. Les automobiles ont toujours été un élément enrichissant dans ce processus. Quand je contemple une voiture, j’aime ses prises d’air très stylisées, une rangée de rivets en acier, un enjoliveur ou un bouchon de réservoir, un volant parfaitement travaillé, des garnitures d’un cuir onctueux, un tableau de bord en ronce de bois soigneusement poli ou la beauté d’une sangle en cuir sur la capote. Je m’empare de ces détails et les utilise pour créer aussi bien une montre qu’un fauteuil destiné à une femme en robe de soirée. Il y a quelques années, je me suis inspiré de la fibre de carbone de ma McLaren. J’ai été saisi par l’idée que ces cinquante-quatre couches de tissu carbone, que l’on ne trouvait autrefois que dans les jets les plus performants et les voitures de course, pourraient être utilisées pour un fauteuil à la fois incroyablement confortable et résistant. Nous avons conçu le fauteuil en fibre de carbone RL-CFI, le premier du genre, en 2003. Lorsque, l’an dernier, nous avons lancé la collection de montres Ralph Lauren, de nombreuses formes provenaient de dessins de nos archives. La plus novatrice est directement inspirée de ma Bugatti Atlantic. Je l’ai appelée The Dash parce que son cadran est une reprise du tableau de bord en ronce. Elle s’inscrit dans l’esprit des lignes pures de la voiture. Je serai heureux de la porter quand je conduirai l’Atlantic.

Bugatti 59 Grand-Prix, 1938 – © Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : comment la couleur d’une voiture peut-elle influencer la perception que l’on a de sa ligne ?

Ralph Lauren : la couleur définit réellement l’image et l’apparence d’une voiture. Le gris métallisé est ma couleur préférée parce qu’il a l’apparence de l’acier et représente bien la mécanique. J’adore le vert foncé de la Jaguar, le rouge de la Ferrari et, bien sûr, le noir. À travers l’histoire de l’automobile, certaines couleurs ont été associées à certains modèles – la teinte métallisée des Porsche, le rouge des Ferrari, une Alfa Romeo rouge. Cette relation entre les automobiles et les couleurs relève de la tradition de la compétition. Les couleurs ont une intégrité qu’un collectionneur doit respecter, notamment dans les opérations de restauration. Lorsque j’ai acheté la Bugatti Atlantic, fabriquée par Bugatti en 1938, une des plus fabuleuses voitures qui aient jamais existé, elle était bleu pâle avec des sièges beige clair. Il m’est très vite venu à l’esprit que la voiture devait être entièrement noire avec des sièges en cuir noir et un tableau de bord en ronce. J’ai pris la liberté de concrétiser cette idée. Elle a remporté tous les grands concours. J’ai pris le même genre de liberté avec d’autres voitures pour lesquelles j’ai choisi la teinte métallisée ou le cuir. Parce que ces automobiles m’appartiennent, je fais appel à mon sens du style et de la couleur pour m’exprimer. Cela me procure un grand plaisir.

Jaguard XKD, 1955 - © Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : la restauration des véhicules anciens est une opération délicate qui demande beaucoup d’études préalables sur les techniques contemporaines du modèle ainsi que sur l’historique de l’exemplaire concerné, puis un doigté particulier dans la réalisation afin d’éviter tout excès. Pourriez-vous évoquer les principes généraux appliqués à la restauration de vos voitures ? Avez-vous parfois des hésitations face à certaines questions particulièrement épineuses ? Quelle est la restauration qui vous a donné la plus grande satisfaction ? Quelle fut la plus difficile ? La plus subtile ?

Ralph Lauren : la chose la plus importante dans le domaine de la restauration est de faire appel à ceux qui sont vraiment compétents, les experts. Il y a des experts différents pour Ferrari et Mercedes, pour les Mercedes « Papillon » et pour les Bugatti. Il faut rechercher l’authenticité. Toutes mes voitures ont été restaurées, parce que j’ai toujours voulu éviter de tomber en panne sur la route. La restauration, pour moi, est surtout une question de qualité et de respect des détails d’origine. Je n’étais pas « restaurateur » jusqu’à ce que j’aie la chance de rencontrer Paul Russel, un historien de l’automobile et restaurateur de Boston, qui a ensuite travaillé avec moi pendant une vingtaine d’années. La restauration est un travail délicat. À mes yeux, il ne peut y avoir aucune tricherie dans l’opération. Nous avons, par exemple, restauré une Alfa Romeo 2,9 avec toutes les précautions possibles et dans ses moindres détails. La couleur d’origine, un rouge brillant, a été retrouvée sous cinq couches de peinture. Quand la voiture a été exposée, certains ont trouvé la couleur si rutilante que, selon eux, elle ne pouvait être la bonne. Personnellement, j’aurais préféré un rouge plus sombre qui l’aurait vieillie, mais j’ai respecté la décision du restaurateur et son choix de l’authenticité correspondant à l’histoire de cette automobile.

Rodolphe Rapetti : contrairement à d’autres, vous avez bâti votre collection autour d’un nombre limité de marques. Il y a sans doute là un choix délibéré. Qu’est-ce qui le motive ? Si l’on excepte Bugatti, les voitures françaises en sont absentes. Pourquoi ?

Ralph Lauren ; j’aime certaines voitures et j’ai toujours ressenti du respect pour l’homme ou l’entreprise qui les a créées. Ils étaient des leaders dans leur domaine. Il se peut cependant que je sois passé à côté de certaines grandes automobiles ; j’ai toujours fait confiance à mon œil pour choisir celles que je voulais vraiment. Je ne dis pas que chaque pièce de ma collection est la plus belle au monde, mais ce sont les automobiles qui me plaisent, celles que j’ai envie de conduire.

Rodolphe Rapetti : dans les années 1970, certains amateurs considéraient que la beauté des lignes automobiles des années 1920 et 1930 demeurait inégalée. Depuis, les voitures des années 1950 et 1960 ont acquis droit de cité auprès des collectionneurs, jusqu’à peut-être détrôner leurs aînées. Y a-t-il selon vous un « âge d’or » de l’automobile ?

Ralph Lauren : je pense qu’il y a eu plusieurs époques de l’automobile, et que chacune a eu sa forme de beauté. Mais pour moi, au-delà de la beauté, il y a l’excitation de les piloter. Ma préférence est allée vers des voitures plus contemporaines, probablement parce que j’ai grandi avec elles, par opposition à celles qui m’ont précédé. À l’exception des Bugatti, qui sont totalement intemporelles. J’apprécie tout particulièrement les automobiles qui ne sont pas de véritables pièces d’antiquité qu’il est impossible de démarrer sans avoir recours à toutes sortes de dispositifs complexes. J’aime me mettre au volant, tourner la clé de contact et partir. J’adore l’aspect extérieur d’une automobile tout autant que l’impression que l’on ressent en la conduisant.

Bugatti 57 S(C) Atlantic, 1938 - © Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : quelle est votre voiture favorite ?

Ralph Lauren : Je n’ai pas de voiture favorite. Elles sont comme mes enfants. Chaque automobile de ma collection est ma préférée. Chacune a quelque chose d’unique. Ça peut être sa ligne, son volant, ses roues à rayons ou la manière dont elle se conduit. Chaque modèle a son propre caractère qui, à un moment précis de ma vie, m’a attiré. Certains par leur vitesse et leur technologie, d’autres par leur romantisme ou leur charme, d’autres encore parce qu’ils étaient étonnamment fonctionnels. Chacune de mes automobiles a une personnalité bien à elle. C’est ce qui me les rend très chères, et c’est pourquoi je n’ai jamais aimé m’en séparer. Elles font partie de ma vie.

 

Rodolphe Rapetti : que pensez-vous du design automobile d’aujourd’hui ?

Ralph Lauren : les voitures, comme beaucoup de choses, obéissent à la mode. Leur style est en vogue à un moment et ensuite ne l’est plus, si bien que les fabricants cherchent à développer toujours de nouveaux modèles. Aujourd’hui, grâce à un niveau de technologie jamais atteint, les automobiles ont des formes et des silhouettes extrêmement variées, ce qui laisse au conducteur de multiples possibilités. Bien que je trouve le design automobile actuel le plus souvent ennuyeux, il y a de merveilleuses exceptions. Les voitures qui, pour moi, se distinguent aujourd’hui sont celles qui ont un design grandiose, un esprit à la fois contemporain et intemporel, une allure incroyable et une technologie de pointe. Les voitures formant une part importante de notre culture, la femme ou l’homme qui en conduit une la voit comme une extension de lui-même. L’automobile est un prolongement de notre goût en général, et je pense que les fabricants l’ont compris. Ils cherchent à proposer des voitures qui expriment l’individualité de leur conducteur.

 

Rodolphe Rapetti : peut-on considérer une automobile comme une œuvre d’art ?

Ralph Lauren : je crois que les automobiles, notamment celles qui ont fait l’objet d’une production limitée, peuvent être considérées comme de véritables œuvres d’art. Bien que j’apprécie les collections de peintures, je crois que la véritable beauté d’une automobile rare et merveilleusement dessinée réside dans le fait de pouvoir l’utiliser ; on peut admirer ses qualités esthétiques, comme celles d’une peinture, mais on peut aussi monter dedans et la conduire. J’aime beaucoup l’idée qu’une automobile est une œuvre d’art parce que, pour moi, une automobile est une fête. Une fête des yeux, une fête de la technologie et de la mécanique, une fête dans les moindres détails. À mes yeux, l’automobile est un genre d’art spécial : un art en mouvement.

Ferrari 250 GTO,  1962 – © Photo : Jacques Gavard

Rodolphe Rapetti : aimeriez-vous créer une voiture ?

Ralph Lauren : dessiner une automobile et dessiner une collection de mode requièrent un certain métier et une vision, ce sont deux choses totalement différentes. Je sais ce que j’aime dans une voiture, mais je ne me considérerai jamais comme un designer automobile. Choisir la couleur d’une voiture n’est pas la dessiner. J’ai un immense respect pour ceux qui le font. Ils mènent leur carrière comme je mène la mienne. Quand j’étais jeune, je pouvais regarder une Bentley ou une Mercedes et dire : « Oh, cette voiture est si belle ! Regarde les cuirs intérieurs, le tableau de bord en ronce. » Puis passait une Porsche tout à fait austère et minimaliste. Si vous m’aviez demandé laquelle était la plus belle, j’aurais eu des arguments en faveur de chacune. Je ne pense pas que j’aurais jamais pu concevoir la Porsche ou la Bentley. Mais j’aurais pu imaginer comment faire d’elles la plus belle Porsche ou la plus belle Bentley.

 

Les volants de Monsieur Ralph Lauren

Si vous n’avez pas encore pris le temps de découvrir de visu une partie de la fabuleuse collection automobile de Ralph Lauren aux Arts Décoratifs de Paris, il vous reste encore quelques semaines jusqu’au 28 août, date de clôture de l’exposition. Beaucoup d’articles dans la presse ont relaté à juste titre cette magnifique mise en scène autour du « racing, style and beauty ».


Les Vilains ont pu accéder à cette collection avant son ouverture et réaliser un grand nombre de photos des bolides sous toutes leurs coutures grâce au concours de la marque Ralph Lauren (on remercie chaleureusement Delphine et Patricia), du musée des Arts Décoratifs et du « cool photographer », Jacques Gavard, qui a fait transpirer ses Nikon ! MyVision vous livre une vue toute personnelle de l’univers des voitures de Ralph Lauren en se consacrant, dans la mesure du possible,  à leurs cockpits, installant le lecteur aux commandes de chaque merveille, comme s’il pouvait les conduire, le rêve de chacun de nous ! La voiture nous regarde, nous invite parfois à monter, puis nous tourne le dos pour avaler l’asphalte… Unique, sportive, racée, chacune apporte son lot d’émerveillement et une véritable part d’histoire dans le monde du design et de la compétition automobile. Derrière certains volants, vous pourrez vous rêver en Steve McQueen, James Dean, ou John Steed… A vous de retrouver les modèles correspondants dans les photos ci-après.

Vous découvrirez d’autres photos sublimes et des points de vue différents de la collection chez Les Vilains.

Allez hop, il est temps de prendre le volant !

© Photos – Jacques Gavard

Cliquez sur les images pour en admirer les détails !


Une seule automobile de l’exposition manque à l’appel sur ces images… La Mc Laren F1 LM de 1996. Un design trop « supercar » contemporain au regard des autres bolides exposés pour ma part…

Alors, l’automobile hissée au rang d’œuvre d’art ? C’est Monsieur Ralph Lauren qui en apporte la réponse : « je crois que les automobiles, notamment celles qui ont fait l’objet d’une production limitée, peuvent être considérées comme de véritables œuvres d’art. Bien que j’apprécie les collections de peintures, je crois que la véritable beauté d’une automobile rare et merveilleusement dessinée réside dans le fait de pouvoir l’utiliser ; on peut admirer ses qualités esthétiques, comme celles d’une peinture, mais on peut aussi monter dedans et la conduire. J’aime beaucoup l’idée qu’une automobile est une œuvre d’art parce que, pour moi, une automobile est une fête. Une fête des yeux, une fête de la technologie et de la mécanique, une fête dans les moindres détails. À mes yeux, l’automobile est un genre d’art spécial : un art en mouvement ». Extrait de l’interview mené par Rodolphe Rapetti, commissaire de l’exposition.

Dans le prochain billet, vous découvrirez la suite de l’interview de Ralph Lauren.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des hommes pendant 24 heures au Mans…

Les 24 heures du Mans c’est plutôt une histoire d’hommes (et de femmes). 24 heures non stop pour découvrir cette arène du sport automobile où se mêle la compétition, l’endurance, la passion et les valeurs humaines. MyVision vous livre son regard sur l’épreuve et ses personnages qui l’animent ! Images choisies…

Crédit photo : Guillaume Cadot/LaB

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Ralph Lauren tribute!

Aston Martin boy

Le Mans Classic

Rockabilly commissaire

Jour, nuit, jour, nuit, …

Ah la barbe !

Papa, elles sont où les clefs de ta voiture ?

Moi, j’aime les voitures propres !

I Love Moustache!

Alors les Marios, et vos karts, sont où ?

Rinaldo Capello

Tiens un gars échappé de la planète mode !

Men in Black

M’en fous de la course, moi j’écoute ZZ Top !

Christian Bex, France Info

Zzzzzz, vous me direz qui a gagné…

Missoni attitude

7h10, Audi Media Lounge, Le Tone

Ma que ?

Je t’ai vu !

 

 

 

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